Le projet de formation, promotion de l'employabilité et insertion professionnelle des personnes déplacées et des jeunes défavorisés

I. Identification
Promoteurs/Tuteurs du projet Terre des Hommes Suisse et Terre des Hommes Allemagne
Nom du porteur du projet Association Jeunesse Action Mali (AJA Mali)
Titre du projet Projet « Formation, promotion de l'employabilité et insertion professionnelle des personnes déplacées et des jeunes défavorisés »
Lieu du projet District de Bamako (communes V et VI) et région de Koulikoro (commune rurale de Baguinéda)
Principaux domaines d’intervention Formations professionnelles, entreprenariat jeunesse et promotion et défense des droits sociaux et économiques des jeunes

Bénéficiaires directs 500 jeunes : 100 aides ménagères, 200 jeunes déplacés internes et 200 jeunes vulnérables sans qualification.
Objectif général Le projet contribue à l'amélioration des conditions de vie (ODD 1) et des possibilités d'emploi (ODD 8) des personnes déplacées peu qualifiées, des aides ménagères et des jeunes hommes et femmes sans emploi au Mali jusqu'en avril 2026.
Objectifs spécifiques - A l'issue du projet, les jeunes sans qualification, les jeunes déplacés internes et les aides à domicile sont habilités et certifiés pour exercer les activités de leur métier de formation de manière autonome et conforme au secteur, et ont accès à des structures de formation professionnelle locales et certifiées ;
- A la fin du projet, les jeunes sans qualification, les jeunes déplacés internes et les aides à domicile ont développé leurs compétences en matière d'entrepreneuriat et sont capables d'élaborer leurs propres stratégies pour gagner leur vie et de les appliquer dans le cadre d'une activité indépendante ou d'un emploi avec accès aux ressources de départ nécessaires ;
- A la fin du projet, les jeunes sans qualification, les jeunes déplacés internes et les aides à domicile sont informés de leurs droits (sociaux) et sont en mesure de développer des revendications et des positions et de les porter à la connaissance des décideurs et des responsables dans le cadre de structures de représentation participatives et organisées.
Durée, dates prévisionnelles de début et de fin du projet 36 mois (1er septembre 2023-31 août 2026)
Montant global du projet (en euros) 795 350 €

II. Résumé :
.D’une durée de 3 ans (septembre 2023 à août 2026), le projet « Formation, promotion de l'employabilité et insertion professionnelle des personnes déplacées et des jeunes défavorisés » a offert l’opportunité à 500 jeunes sans qualification (200 jeunes déplacés internes, 100 aides familiales et 200 jeunes vulnérables) d’apprendre un métier artisanal ou agro-sylvo-pastoral et de l’exercer plus tard grâce à un accompagnement entrepreneurial, qui a abouti à la mise en place de 300 entreprises individuelles et de 40 entreprises collectives (soit 05 jeunes par entreprise). Pour les jeunes déplacés internes et aides familiales, les formations professionnelles ont été basées sur une initiation profesionnelle rapide de 06 mois dans des métiers (couplée à une initiation en entreprenariat de base, en alphabétisation, en compétences de vie courantes et connaissances informatiques) permettant un transfert rapide de compétences de base ; pour les jeunes vulnérables, elles ont porté sur une formation qualifiante de 02 ans (combinée avec le transfert de connaissances de base en entrepreunariat, en alphabétisation, en compétences de vie courantes et connaissances informatiques).
Pour les aides ménagères et les jeunes déplacés internes, les formations ont été délocalisées et implémentées sur des sites proches de leurs milieux d’attache (quartier de Djandjiguila en commune VI et quartier GOUANA en commune V de Bamako pour les aides ménagères et camps des déplacés de Faladiè et SENOU pour les PDIs) à l’aide d’unités mobiles de formation, notamment deux minibus équipés de matériels pédagogiques, d'équipements techniques et de tentes pour dispenser des séances de formation théoriques et pratiques. Pour les jeunes vulnérables sans qualification, les formations avaient lieu au centre formation de Daoudabougou pour les apprenants de Bamako et au centre de formation en entreprenariat agricole de Baguinéda pour les jeunes de cette localité.
Les sessions de formation professionnelle ont été sanctionnées par un processus de certification, à savoir une évaluation officielle conduite par la Direction nationale de la formation professionnelle (avec la participation des chambres de métiers et d’agriculture), qui a conféré aux 500 jeunes bénéficiaires une reconnaissance nationale de leurs compétences et une validation de leurs acquis professionnels. A l’issue des processus de formation, les jeunes finalistes, à savoir les 100 aides familiales et les 200 jeunes déplacés internes (pris individuellement) ainsi que les 200 jerunes vulnérables( constitués en micro-entreprises de 05 jeunes chacune), ont bénéficié, de la part du projet, de divers appuis pour lancer leurs et développer leurs projets économiques individuels ou leurs micro-entreprises, notamment l’accompagnement à l’élaboration de plans d’affaires (sur la base d’études sommaires de marché réalisées par les jeunes), la dotation en kits d’installation, l'appui à l’accomplissement de formalités juridiques et administratives, l’appui à l’accomplissement des opérations d’acquisition d’équipements et d’installation, l’appui à l’introduction des outils de gestion financière et à l’organisation du travail des micro-entreprises. Ils bénéficient en outre d’un accompagnement et un suivi post-intsllation de leurs projets pendant au moins 2 ans.
Le projet inclut en outre la défense et la promotion des droits économiques et sociaux des jeunes à travers des campagnes de plaidoyer conduites par un groupe de 15 jeunes plaideurs et des campagnes de sensibilisation conduites dirigées par 40 autres pairs éducateurs (tous appuyés par les animateurs du projet) sur, entre autres, des thématiques liées aux opportunités économiques, à l’équité du genre et l’autonomisation économique des femmes, la protection de l’enfant et la culture de la paix et de la cohésion sociale, la lutte contre l'extrémisme violent et la protection de l'environnement.
A ce jour, 05 interpellations, 18 campagnes de sensibilisation à grand public et 60 campagnes de sensibilisation de proximité ont permis de faire avancver les droits fondamentaux des jeunes, de contribuer à l’avènement d’une société plus portée sur la protection des enfants et le respect de l’égalité des chances entre garçons et filles et d’aider les communautés à mieux intégrer les enjeux de la paix et de la cohésion sociale, à œuvrer pour une société plus apaisée et solidaire, et aussi à appréhender les défis environnementaux et à agir au quotidien pour la protection de l’environnement et du cadre de vie.
III. Principaux résultats obtenus :
- 100 jeunes filles aides familiales et 200 jeunes déplacés internes ont été initiés à un métier agro-sylvo-pastoral ou artisanal et certifiés par les services du Ministère de la formation professionnelle
- 200 jeunes vulnérables dont 80 filles ont été formés dans un métier agro-sylvo-pastoral ou artisanal et certifiés par le Ministère en charge de la formation professionnelle comme ayant atteint un niveau de qalification professionnelle ;
- 500 jeunes (100 aides familiales, 200 jeunes déplacés internes et 200 jeunes vulnérables) ont bénéficié de formations complémentaires en culture entrepreneuriales (compétences de base sur les procédures de création d’une entreprise, la gestion les biens et la tenue des outils comptables et en promotion et distribution commerciale des biens et service), alphabétisation fonctionnelle, compétences de vie courante et en technologies de l’information et de la communication ;
- Deux (02) centres de formation et deux (02) unités mobiles de formation, entièrement équipés, sont fonctionnels dans les 08 corps de métiers et contribuent à faciliter l’accès des jeunes de localités éloignées aux formations professionnelles par la délocalisation d’activités de formation ;
- Insertion professionnelle de 300 jeunes (100 aides familiales et 200 jeunes déplacés internes) à travers des projets économiques individuels et de 200 autres à travers l’accompagnement à la création et au développement de 40 micro-entreprises rassemblant chacune 5 jeunes ;
- Au moins 488 des 500 jeunes insérés, soit 97,6%, disposent d’un emploi direct permanent et gagnent entre 55 000 FCFA et 100 000 FCFA par mois ;
- 378 emplois indirects ont été générés ;
- 25 jeunes entrepreneurs accompagnés pendant une précédente phase ont été formés en technique de mentoring pour le coaching de jeunes entrepreneurs ;
- 15 jeunes bénéficiaires (dont 10 femmes) du projet ont été constitués en groupe de plaidoyer et formés aux techniques et srtatégies de plaidoyer et à différentes thématiques liés à la défense des droits sociaux et économiques des jeunes ;
- 05 activités d’interpellation, conduites par le groupe de plaidoyer à l’adresse des décideurs nationaux et locaux, autorités scolaires, services tecniquesn leaders religieux et communautaires, ont favorisé la prise de mesures pour faire avancer les droits des jeunes/enfants, notamment l’adoption de mesures favorables à la formation professionnelle et à l'entrepreneuriat des jeunes dans la mise en œuvre des plans de développement économique, social et culturel des collectivités territoriales où le projet intervient (Baguinéda, communes V et VI), l’amélioration du taux de scolarisation et de maintien des jeunes filles, l’amélioration du taux d’enregistrement des enfants à l’état civil, le recul des pratiques de mariages forcés et la mobilisation des populations et d’autres parties prenants pour la protection des enfants et jeunes contre la consommation de stupéfiants dans lesdites localités ;

- Mise en place d’un groupe de 40 pairs-éducateurs formés sur différentes thématiques des droits sociaux et économiques ;
- 19096 personnes dont 8889 femmes ont été sensibilisés aux droits et à la protection de l’enfant, à l'égalité des sexes, à la sécurité au travail, les pratiques culturelles néfastes, l’importance de la scolarisation, les droits sexuels et reproductifs des jeunes, la paix et la cohésion sociale, la protection de l’environnement… à travers 18 campagnes de sensibilisation à grand public et 60 campagnes de proximité, et 43200 personnes à travers les radios. Cela a favorisé l'avènement et la consolidation progressive d’une société avisée et respectueuse des droits socio-économiques fondamentaux des jeunes/enfants.
IV. Quelques bonnes pratiques
- L’utilisation d’unités mobiles de formation (s’appuyant sur des minibus dotés d’équipements techniques et pédagogiques, de dispositifs de projection….) permet de rapprocher les services de formation du maximum de jeunes, surtout dans les localités rurales, tout en épargnant les communautés au pouvoir d’achat modeste des dépenses relatives au déplacement des jeunes et à la restauration ;
- L’utilisation dans les différentes sessions de formations d’outils pédagogiques adaptés comme les images, les fiches techniques, les boîtes à images et les valises du savoir a permis de réduire les disparités de niveaux entre les apprenants, d’optimiser les capacités d’apprentissage de chacun et d’introduire une valeur ajoutée dans le processus d’apprentissage à travers plus d’interaction, d’aptitude à la recherche et à la réflexion ;
- La mise en place d’un Comité Pédagogique (organe d’orientation et de suivi des activités de formation se réunissant une fois par mois) auquel participent, en plus des animateurs du projet et les formateurs, les délégués des parents d’apprenants et des jeunes bénéficiaires, stimule la communication entre les parties prenantes à la formation, encourage les jeunes bénéficiaires à donner leurs avis et leurs préoccupations en vue de l’amélioration de la qualité et de l’exécution des formations et favorise la co-construction de parcours pédagogique en lien avec les besoins des groupes cibles ;
- La certification confère aux apprenants finalistes une reconnaissance nationale et officielle de leurs compétences et les bonifie en matière de recherche et d’exécution de commandes et de marchés à travers la confiance et l’appréciation du public et de la clientèle ;
- L’esprit de groupe autour des micros entreprises (chaque micro entreprise comprend 5 jeunes) : est un gage de complémentarité des compétences et des initiatives et participe à la durabilité de l’entité dans la mesure où, à la différence d’une entreprise individuelle, la structure ne risque pas de disparaitre à la faveur d’une défection ou d’un retrait. En outre, les micros entreprises installées ont beaucoup inspiré d’autres jeunes dans les deux localités à pouvoir suivre la trajectoire de leurs devanciers.
V. Quelques leçons apprises et difficultés
Leçons apprises :
- Après un stage de renforcement de capacité chez des artisans formateurs, les jeunes finalistes ont bénéficié de la part de ces maitres de stage d'un mentorat continu, pour les guider et les conseiller dans le démarrage et l’organisation technique de leurs entreprises. Cela a renforcé leur confiance et favorisé leur progression en tant que micro-entrepreneurs.
- L'implication des jeunes dans les études de marché a permis de créer des liens commerciaux avec des partenaires potentiels. En effet, leurs recherches et enquêtes dans les quartiers, marchés et réseaux de distribution ont souvent débouché sur des opportunités d'affaires.
- Les sensibilisations et interpellations sont les clés pour changer les comportements et promouvoir des valeurs positives sur différentes thématiques comme les droits et la protection, l’équité du genre, la protection de l’environnement au sein des communautés en apparaissant comme des moyens compensant le déficit d’éducation et l’illétrisme des populations.
- -Le travail et l’implication des pairs éducateurs, des clubs de jeunes et des comités de protection en lien avec les sensibilisations (sur les différentes thématiques de promotion des droits socio-économiques), la promotion des droits et la protection, la paix et la cohésion sociale, la protection de l’environnement est cruciale pour garantir la durabilité du projet et s’assurer que ses bénéfices soient maintenus à long terme.
- Le projet sert de lien entre les services institutionnels (services étatiques, collectivités territoriales, etc.) et les acteurs et leaders communautaires, renforçant ainsi sa légitimité et favorisant une synergie d'actions entre ces deux groupes d'acteurs majeurs. Cela permet également aux communautés de mieux comprendre les missions des services publics et de savoir y recourir.

Difficultés :
- La hausse des prix des matières premières et équipements (utilisés pour les formations) causée par les effets de la conjoncture mondiale, qui a souvent amené AJA Mali à consentir un effort financier supplémentaire pour soutenir les formations pratiques ;
- La persistance des coupures d’électricité, qui ont provoqué des surcoûts pour la mise en œuvre des programmes de formation pratique et pour le travail des micro-entreprises installées (des phases 1 et actuelle) à cause de l’utilisation de générateurs autonomes fonctionnant à l’essence;
- La crise du carburant , survenue à partir de la fin du troisième trimestre 2025 jusqu’à la fin d’année, a contraint au ralentissement des activités de l’équipe terrain du projet (pendant la première quinzaine du mois de novembre), heureusement compensé par le télé-travail. Elle a aussi eu un impact négatif dans le travail des micro-entreprises en provoquant des difficultés en matière de délais de livraison

 

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Le projet de formation professionnelle des jeunes dans certaines communes frontalières de Kayes, Kita, Mandiana/Yanfolila et Kéniéba/Sadiola

Le Projet de formation professionnelle des jeunes dans certaines communes frontalières de Kayes, Kita, Mandiana/Yanfolila et Kéniéba/Sadiola, mis en œuvre par AJA Mali en partenariat avec le Programme RéZo/GIZ, vise à renforcer l’employabilité et les opportunités d’auto-emploi des jeunes âgés de 18 à 35 ans dans les zones frontalières du Mali.

D’une durée de 9 mois, le projet s’inscrit dans une dynamique de développement des compétences techniques et entrepreneuriales afin de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et des femmes dans des secteurs porteurs tels que : la maintenance des points d’eau, la couture, la soudure, l’électricité, l’énergie solaire, la climatisation, la mécanique agricole, la transformation agro-alimentaire et la savonnerie.

Au total, plus de 220 bénéficiaires directs seront formés ou accompagnés à travers :

40 jeunes formés en maintenance et entretien des équipements hydrauliques à Mandiana/Yanfolila ;

50 jeunes formés en couture, soudure et électricité dans les Zones d’Activités Électrifiées (Kita) ;

50 jeunes formés en électricité solaire et climatisation à Kayes ;

30 jeunes formés en ateliers-écoles en mécanique agricole et transformation agro-alimentaire à Kéniéba/Sadiola ;

1 groupement de femmes formé en savonnerie ;

50 jeunes placés en mentorat auprès de maîtres artisans pour renforcer leurs compétences techniques et entrepreneuriales.

La méthodologie repose sur une approche participative intégrant la négociation sociale avec les autorités locales, un processus transparent de sélection des bénéficiaires, l’adaptation des curricula selon l’Approche Par Compétences (APC), ainsi que l’utilisation d’unités mobiles de formation pour faciliter l’accès aux apprentissages. Les formations privilégient la pratique (80%) et la formation-action.

Le projet mobilise une équipe composée d’un coordinateur, de points focaux, de formateurs spécialisés et de mentors expérimentés. Un dispositif de suivi, de supervision et de rapportage technique et financier garantit la qualité de la mise en œuvre.

À travers cette intervention, AJA Mali contribue au renforcement de la résilience économique des zones frontalières en favorisant la création d’activités génératrices de revenus, l’auto-emploi des jeunes et la dynamisation du tissu économique local.

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